Espagne : Manifestation contre l’activiste d’extrême droite Vito Quiles, Pampelune se mobilise
Ce jeudi 15 octobre, près de 3 500 manifestants se sont rassemblés dans les rues pour protester contre la venue du militant d’extrême droite Vito Quiles à Pampelune. Plusieurs collectifs ont appelé à ériger un « mur de confinement antifasciste » dans la capitale navarraise.
L’activiste avait déclaré, le 5 octobre dernier, débuter sa tournée de propagande « Mafia o Patria » (« La mafia ou la patrie ») à Pampelune, un an après de graves incidents en marge d’un meeting raté à l’université de Navarre. En réaction, plusieurs organisations se sont regroupées au parc Yamaguchi pour empêcher la venue de Vito Quiles, notamment des membres du Gazte Koordinadora Sozialista1 (GKS). Une seconde contre-manifestation se tenait également à la plaza del Castillo, dans le centre historique de la ville, afin de s’opposer à « la désinformation de la droite extrême et de l’extrême droite », résume José Antonio, venu assister à la mobilisation.
Peu avant 18 heures, des centaines de manifestants avaient déjà déferlé dans le parc, encerclant la place où devait se tenir le meeting et brandissant des pancartes « Faxistak, alde hemendik ! » (« Fascistes, dehors ! » en basque). Sur place, le dispositif des forces de l’ordre avait été renforcé. Le visage caché et le regard déterminé, Candela s’indigne : « Cette personne est un agitateur qui s’est donné pour mission de propager des discours de haine à travers l’Espagne contre les personnes racisées. Et on ne veut pas permettre que ce type de discours soit prononcé dans nos villes. »
Quarante minutes de retard pour un discours écourté
Face à la pression populaire, Vito Quiles, constamment protégé par sa garde rapprochée, n’est resté qu’une dizaine de minutes. Assez de temps pour dérouler sa propagande. Dans la foule d’une cinquantaine de soutiens, plusieurs saluts nazis et drapeaux de l’Empire colonial espagnol ont été aperçus.

L’influenceur aux 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux s’en est notamment pris à l’identité basque historique de la Navarre, affirmant qu’elle était « plus espagnole que jamais », tout en multipliant les provocations face aux manifestants : « Ils aimeraient bien me fracasser le crâne. »
Une mobilisation symptomatique d’un malaise plus profond
Malgré le départ de Vito Quiles, des affrontements entre police et manifestants ont eu lieu jusqu’en début de soirée, se soldant par l’arrestation de trois personnes, dont un mineur de 16 ans. Les manifestations organisées ce 15 octobre cristallisaient également la crise sociale et politique que traverse actuellement l’Espagne. « On espère un impact au niveau social, que les personnes ouvrent les yeux sur ce qu’on est en train de vivre, à propos de la crise du logement, du racisme, du féminisme », soutient Candela.

Les tensions restent vives dans plusieurs villes du pays, une semaine après la mort de Maricarmen Abascal, symbole de la crise du logement à Madrid. Alors que le Premier ministre Pedro Sánchez a annoncé des élections générales anticipées, l’extrême droite continue son ascension, poussée par le parti Vox et une frange de la droite.
Les Espagnols sont appelés aux urnes le 29 novembre prochain pour élire un nouveau parlement. L’Espagne plonge encore un peu plus dans l’incertitude.
© Timéo Stalica / Voir Ailleurs
- Coordination des jeunes socialistes, mouvement de la jeunesse communiste basque ↩︎
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