Suède : Après la bataille législative, un bloc de centre-gauche gagnant mais pas triomphant

Après quatre jours de dépouillement à l’issue des élections législatives du dimanche 13 septembre, l’autorité électorale suédoise a annoncé la courte victoire de la coalition de centre-gauche menée par les sociaux-démocrates de Magdalena Andersson. Avec 176 sièges au Riksdag, l’opposition a ainsi poussé le Premier ministre sortant et représentant du bloc de droite, Ulf Kristersson, à démissionner. Les différentes forces politiques s’attèlent désormais au fastidieux travail de négociation afin d’établir un nouveau gouvernement.

C’est avec un taux de participation de 84,8 % que les Suédois se sont massivement exprimés à travers le scrutin législatif. Deux grands blocs sont principalement opposés. D’un côté, la coalition de centre-gauche rassemble les sociaux-démocrates de Magdalena Andersson, le Parti de gauche, les Verts et le Parti du centre. De l’autre, le camp de droite se compose des Modérés d’Ulf Kristersson, des Démocrates de Suède, des Chrétiens-démocrates et des Libéraux. L’enjeu pour les sociaux-démocrates : obtenir suffisamment de soutien au Parlement pour gouverner car, bien qu’en tête avec 28 % des suffrages exprimés, ces derniers ne disposent pas d’une majorité.

L’échappée belle pour la coalition de Magdalena Andersson qui remporte les élections de justesse

Trois sièges, soit environ 50 000 voix. C’est ni plus ni moins ce qui sépare les deux camps au Parlement suédois, le Riksdag. La victoire du centre-gauche est alors encore fragile. Pour les sociaux-démocrates, il s’agit même d’une défaite sur le plan historique, ayant effectué leur score le plus bas depuis 1921. En tête, le parti obtient 99 sièges, soit huit de moins que dans le Parlement précédent. Avec 176 sièges sur 349, le bloc de centre-gauche mené par l’ancienne Première ministre Magdalena Andersson (2021-2022) dispose d’une majorité certes absolue mais vacillante.

Composition du Riksdag le 17 septembre 2026 selon l'Autorité électorale. © Toute l'Europe.eu
Résultats des législatives le 17 septembre 2026 selon l’Autorité électorale suédoise – © Toute l’Europe.eu

La coalition de droite occupe toujours une place importante au Riksdag, avec les Modérés du Premier ministre sortant, qui obtiennent 70 sièges et devancent le parti d’extrême droite de leur coalition. Alors que ces partis et leurs idées semblent se démocratiser de plus en plus au sein de l’Europe, notamment avec la récente victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt (Allemagne), ce n’est pas ce qui ressort des législatives suédoises. Le parti d’extrême droite, les Démocrates de Suède (SD), perd trois points et onze députés. C’est la première fois que sa dynamique de progression est brisée depuis son entrée au Riksdag en 2010. Toutefois, il reste la troisième formation la plus importante du pays. Alliés aux Modérés, les Chrétiens-démocrates et les Libéraux, la coalition de droite talonne l’opposition avec ses 173 sièges.

Former un gouvernement : une véritable course d’endurance

A l’issue des résultats, jeudi 17 septembre, le Premier ministre sortant, Ulf Kristersson, a concédé la victoire du bloc de centre-gauche et annoncé sa démission. Mais si Magdalena Andersson est désormais en première ligne pour reprendre les rênes du pouvoir, rien n’est encore joué. La victoire électorale ne suffit pas. Pour l’heure, le président du Parlement, Andreas Norlén, l’a chargée d’explorer les possibilités de formation d’un nouvel exécutif. La quinquagénaire affirme, de son côté, vouloir « insuffler à la Suède un nouvel esprit de coopération et rechercher de larges collaborations ».

Magdalena Andersson (sociaux-démocrates) et Ulf Kristersson (Modérés), candidats au poste de Premier ministre © TT NEWS AGENCY VIA AFP/ANDERS WIKLUND
Magdalena Andersson (Parti social-démocrate suédois des travailleurs) et Ulf Kristersson (Modérés), candidats au poste de Premier ministre – © TT News Agency via AFP/Anders Wiklund

La tâche s’annonce délicate. Pour retrouver le pouvoir, quatre ans après l’avoir quitté, la dirigeante sociale-démocrate doit désormais composer avec le Parti du centre, le Parti de gauche et les Verts. Trois formations qui ont contribué à donner au bloc de centre-gauche ses 176 sièges, mais qui ne sont pas pour autant d’accord sur la manière de gouverner. Alors que le Centre refuse de voir un gouvernement composé de ministres de gauche, la gauche l’érige comme condition. Les discussions risquent donc de se transformer en véritable jeu d’équilibriste pour Magdalena Andersson d’ici le vote d’investiture, à l’occasion de la première réunion du nouveau Parlement, le 28 septembre prochain.

© Jonas Ekstromer / AFP

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